Guide · Choix & technique
Quelle puissance de borne choisir : 3,7, 7,4, 11 ou 22 kW ?
C'est la question sur laquelle on vous vend le plus de choses inutiles. La puissance de votre borne ne dépend pas de ce que vous voulez, mais du plus petit de trois plafonds — et il y en a un que presque personne ne vérifie avant de signer.
En bref
Pour une maison individuelle, la réponse est 7,4 kW en monophasé dans environ sept cas sur dix : ~50 km d'autonomie par heure, une batterie de 60 kWh remplie en une nuit, un circuit qui reste raisonnable (32 A, 6 mm²). 3,7 kW suffisent aux hybrides rechargeables et aux conducteurs qui font moins de 50 km par jour. 11 ou 22 kW ne se justifient que si vous disposez déjà du triphasé et que le chargeur embarqué de votre voiture les accepte en courant alternatif — sinon, vous payez une puissance qui ne sortira jamais de la borne.
Le panorama
Ce que chaque puissance rend, concrètement
L'unité qui compte n'est pas le kilowatt, c'est le kilomètre d'autonomie récupéré par heure de branchement. C'est la seule qui se compare à votre usage réel.
| Solution | Courant | Autonomie / h | Charge 0–100 % | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| 2,3 kW — prise domestique | Mono 10 A | ~15 km | 20–30 h | Dépannage uniquement — à proscrire en usage régulier |
| 3,7 kW — prise renforcée | Mono 14–16 A | ~25 km | 13–17 h | Hybride rechargeable, moins de 50 km / jour |
| 7,4 kW — wallbox monophasée Le plus choisi | Mono 32 A | ~50 km | 6–8 h | Le standard du particulier — environ 7 cas sur 10 |
| 11 kW — borne triphasée | Tri 16 A | ~75 km | 4–6 h | Gros rouleur disposant déjà du triphasé |
| 22 kW — borne triphasée | Tri 32 A | ~120–150 km | 2–3 h | Professionnel, flotte, usage intensif |
| 50–150 kW — charge rapide | Courant continu | — | 20 → 80 % en 20–45 min | Station publique, autoroute — pas chez vous |
Temps de charge indicatifs pour une batterie d'environ 60 kWh, avec un véhicule capable d'encaisser la puissance annoncée. Les valeurs réelles dépendent du chargeur embarqué, de la température et du niveau de charge de départ.
Le raisonnement
Votre borne ne délivrera jamais plus que le plus petit des trois
C'est le principe que nous expliquons à chaque étude, et il évite à peu près toutes les erreurs de dimensionnement. Trois plafonds s'appliquent simultanément, et c'est le plus bas qui gagne.
1. Ce que votre compteur peut donner. Votre abonnement fixe une puissance souscrite, en kVA. Une borne de 7,4 kW mobilise 32 A à elle seule, soit l'équivalent d'un 7,4 kVA : sur un abonnement de 6 ou 9 kVA, le four et le chauffe-eau se retrouvent en concurrence directe avec la voiture. Il faut aussi savoir si vous êtes en monophasé ou en triphasé : 11 et 22 kW sont du triphasé par définition, la question ne se pose même pas sans lui.
2. Ce que votre voiture peut encaisser en courant alternatif. C'est le plafond que presque personne ne vérifie, et c'est celui qui coûte le plus cher. Le chargeur embarqué du véhicule convertit le courant alternatif de la borne en continu pour la batterie, et sa capacité est fixée par le constructeur. Beaucoup de modèles plafonnent à 7,4 kW en alternatif ; d'autres à 11 kW ; 22 kW en alternatif restent l'exception. Poser une borne de 22 kW devant une voiture limitée à 11 kW ne divise rien du tout : vous chargerez à 11 kW, avec un circuit et une facture calibrés pour 22.
3. Ce que la borne sait faire. C'est le seul plafond qu'on regarde en général, et c'est le moins contraignant des trois.
Il y a un quatrième facteur, qui n'est pas un plafond mais qui change tout : le temps de stationnement. Une voiture branchée douze heures par nuit n'a besoin que de rendre ce que vous avez consommé dans la journée. Si vous faites 60 km par jour, 3,7 kW y suffisent en trois heures. La puissance ne sert qu'à couvrir l'imprévu — et c'est un confort qui a un prix, pas une nécessité technique.

Dimensionnement
Disjoncteur, différentiel, section : les valeurs de référence
Voici sur quoi nous dimensionnons. Ce sont des valeurs indicatives : la longueur réelle du circuit et les déperditions peuvent les faire évoluer — c'est précisément l'objet de l'étude technique.
| Puissance | Courant | Disjoncteur dédié | Différentiel | Section de câble |
|---|---|---|---|---|
| 3,7 kW | Mono 16 A | 16 A | 25 A (40 A conseillé) | 2,5 mm² |
| 7,4 kW Le plus choisi | Mono 32 A | 32 A | 40 A minimum | 6 mm² — 10 mm² au-delà de 30 m |
| 11 kW | Tri 16 A | 16 A tri | 25 A tri | 2,5 mm² |
| 22 kW | Tri 32 A | 32 A tri | 40 A tri | 6 mm² |
Le reste des exigences de la NF C 15-100 ne varie pas avec la puissance : un circuit dédié par borne, une protection différentielle 30 mA, la détection des défauts en courant continu de 6 mA, une mise à la terre vérifiée, et une pose entre 0,90 m et 1,80 m du sol. La section est le poste qui grimpe avec la distance : c'est la chute de tension qu'on compense, pas le courant.

Conseil de pro
Type A ou type B : le détail qui vaut 250 à 380 €
Voilà le genre de chose qu'on n'explique jamais à un client, et qui pèse pourtant plusieurs centaines d'euros sur un devis. Prenez le temps de lire ces quelques lignes : elles vous permettront de poser la bonne question à n'importe quel installateur, nous compris.
Une borne de recharge peut, en cas de défaut, laisser passer une petite composante de courant continu. Or un différentiel classique ne la voit pas, et pire : cette composante peut l'aveugler, au point qu'il ne détecte plus les défauts qu'il est censé détecter. La norme impose donc, pour tout circuit de recharge, une protection différentielle 30 mA doublée d'une détection des défauts continus à partir de 6 mA.
Il y a deux façons d'y répondre, et elles n'ont pas le même prix :
- Un différentiel de type B. Il détecte tout, y compris le continu pur. C'est la solution universelle — et la plus chère : trois à cinq fois le prix d'un type A.
- Un différentiel de type A, associé à une borne qui intègre elle-même la détection 6 mA en courant continu. L'ensemble est conforme, la détection est simplement faite dans la borne plutôt que dans le tableau.
La plupart des bornes modernes intègrent cette détection 6 mA. Quand c'est le cas, le type A suffit, et l'économie est de l'ordre de 250 à 380 € sur un seul poste du devis. Ce n'est pas un arrangement : c'est la solution normale, prévue par les fabricants.
D'où la question à poser, mot pour mot : « la borne que vous me proposez intègre-t-elle la détection 6 mA DC, et si oui, pourquoi me chiffrez-vous un type B ? » Deux réponses sont acceptables : la borne ne l'intègre pas, ou votre configuration l'exige — c'est le cas de certaines installations triphasées de forte puissance. Toute autre réponse mérite un deuxième devis.
Un mot sur le type F, qu'on croise parfois : c'est un type A doublé d'une immunité aux perturbations électromagnétiques, utile sur des installations bruitées. Il ne dispense pas de la détection 6 mA — la même règle s'applique.
Alternative
Le délestage : gagner sans monter en puissance
Beaucoup de clients arrivent convaincus qu'il faut augmenter leur abonnement pour poser une borne de 7,4 kW. C'est parfois vrai, souvent inutile.
Le délestage consiste à mesurer en permanence ce que consomme le logement et à abaisser automatiquement le courant de la borne quand le reste de la maison en a besoin. Vous lancez un four et une machine à laver un soir d'hiver : la borne se met en retrait, puis reprend sa pleine puissance dès que la demande retombe. Comme la voiture reste branchée toute la nuit, l'énergie manquée dans les pics est rattrapée sans que vous vous en aperceviez. Le disjoncteur d'abonné, lui, ne saute jamais.
L'arbitrage est simple à poser : augmenter la puissance souscrite se paie tous les mois, à vie, alors qu'un délestage se paie une fois. Sur un usage domestique classique, la seconde option est presque toujours la plus économique — encore faut-il qu'elle soit prévue au devis, pas ajoutée après le premier déclenchement.
La programmation en heures creuses est l'autre levier, et le plus rentable de tous : c'est là que se joue le coût réel de vos kilomètres. Elle peut se faire depuis la borne quand celle-ci est pilotable, ou depuis la voiture — beaucoup de modèles savent le faire nativement, ce qui rend la borne pilotable moins indispensable qu'on ne le dit. Une borne pilotable connectée revient à 1 800 – 3 000 € TTC posée.
Une nuance qui a changé cette année : jusqu'en 2025, le crédit d'impôt exigeait une borne pilotable, ce qui poussait tout le monde vers ces modèles. Ce crédit d'impôt étant supprimé depuis le 1er janvier 2026, la pilotabilité n'est plus une condition d'aide — c'est redevenu un simple choix d'usage. Si vous n'en avez pas besoin, ne la payez pas.
Vos questions
Puissance de borne : vos questions
Les cinq questions qui reviennent à chaque étude technique — et la deuxième vaut de l'argent.
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06 51 53 07 08Quelle puissance de borne pour une maison individuelle ?
7,4 kW en monophasé dans environ sept cas sur dix. C'est le meilleur compromis : ~50 km d'autonomie récupérés par heure, une batterie de 60 kWh remplie en une nuit, et un circuit qui reste raisonnable — 32 A, 6 mm². En dessous, 3,7 kW suffisent aux hybrides rechargeables et aux petits rouleurs. Au-dessus, il faut le triphasé au compteur et une voiture capable de l'encaisser en alternatif.
Une borne de 22 kW recharge-t-elle ma voiture trois fois plus vite qu'une 7,4 kW ?
Seulement si votre voiture accepte 22 kW en courant alternatif — et beaucoup de modèles plafonnent à 7,4 ou 11 kW. C'est le chargeur embarqué du véhicule qui fixe la limite, pas la borne. Si votre voiture est limitée à 11 kW, une borne de 22 kW chargera exactement à la même vitesse qu'une borne de 11 kW, pour un circuit et un prix plus élevés.
Faut-il augmenter son abonnement électrique pour une borne de 7,4 kW ?
Pas forcément. Une borne de 7,4 kW mobilise 32 A, soit l'équivalent d'un 7,4 kVA, ce qui est beaucoup sur un abonnement de 6 ou 9 kVA. Trois solutions : passer à 12 kVA, brider la borne à une valeur compatible, ou installer un délestage qui abaisse automatiquement la charge quand le logement consomme. La troisième est presque toujours la moins chère sur la durée, car elle n'augmente pas votre abonnement mensuel.
Peut-on installer une borne de 11 kW sans triphasé ?
Non. 11 kW, c'est du triphasé 16 A par définition : sans raccordement triphasé, la question ne se pose pas. Faire poser le triphasé pour l'occasion représente une démarche et un coût auprès du gestionnaire de réseau qui, en usage domestique, ne se justifient presque jamais. Si vous avez déjà le triphasé, en revanche, 11 kW sont un excellent choix.
Une borne plus puissante abîme-t-elle la batterie ?
En recharge à domicile, non. Ce qui sollicite une batterie, ce sont les charges rapides répétées en courant continu à très forte puissance, pas une charge en courant alternatif à 7,4 ou 11 kW. Une borne domestique reste dans un régime doux, et la voiture gère elle-même sa courbe de charge. Programmer la fin de charge en heures creuses et éviter de rester en permanence à 100 % font davantage pour la longévité que le choix entre 7,4 et 11 kW.
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